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Sujet / histoire
Livre
Tiré du livre d'Humphrey Cobb basé sur l'affaire des caporaux de Souain en 1915.
Humphrey Cobb américain engagé dans l'armée canadienne pour se battre sur le front français pendant la 1ère guerre mondiale. Il fut blessé et gazé.
C'est donc l'histoire de ses frères d'armes qu'il raconte. Livre best seller.
Caporaux de Souain
C'est un des cas les plus flagrants et des plus médiatisés de l'injustice militaire.
En 1915, les poilus de la 21e compagnie du 336e régiment d'infanterie reçoivent l'ordre d'attaquer de nouveau à la baïonnette et de reprendre les positions ennemies établies au nord du village de Souain (Marne).
Devant eux, le terrain est déjà jonché de cadavres et se trouve directement pris sous le feu des mitrailleuses allemandes. De plus, la préparation d'artillerie habituelle avant l'attaque, au lieu de secouer les positions allemandes, envoie ses obus sur la tranchée française et laboure le terrain d'assaut. Dans ces conditions, les hommes de la 21e compagnie, épuisés après plusieurs jours de tranchée, démoralisés par les précédents insuccès, et ayant sous les yeux le spectacle des cadavres de leurs camarades tombés dans les fils de fer intacts, refusent, ce jour-là, de sortir des tranchées.
À cet instant précis, il est clair qu'ils anticipent l'échec et l'inutilité d'une attaque qui les voue à une mort certaine. Tout soldat paraissant sur le parapet étant immédiatement atteint par les balles. Plus tard, le bombardement des tranchées françaises fera l'objet d'une polémique, à la suite d'un témoignage : le général Réveilhac, qui avait ordonné l'attaque, aurait demandé à l'artillerie de pilonner les positions françaises pour obliger les soldats à sortir de leurs tranchées1.
Suite à la désobéissance des hommes de la 21e compagnie, le général Réveilhac exige des sanctions. Le capitaine Equilbey, commandant de la compagnie, est alors tenu de transmettre à ses supérieurs une liste portant les noms de 6 caporaux et de 18 hommes de troupe, choisis parmi les plus jeunes, à raison de deux par escouade. Le 15 mars, le général donne l'ordre de mise en jugement directe des 24 hommes désignés.
Le 16 mars, les inculpés passent en conseil de guerre.
"Quiconque montait devait être fauché littéralement soit par les nôtres, soit par le feu des mitrailleurs allemands. », déclare le caporal Maupas lors de son interrogatoire
Les 18 hommes de troupe et deux caporaux sont acquités. 4 caporaux sont condamnés.
Logique ?
Sujet du film
Quatre aspects de la première guerre mondiale :
le commandement imbécile, incompétent et meurtrier d'une partie des cadres de l'armée française
mépris des officiers pour les hommes comparés à des animaux
les tribunaux militaires, justice d'exception
la conséquence, les fusillés pour l'exemple et autre condamnations injustes de soldats.
Au passage, on peu y voir aussi une dénonciation de classe et certains y ont vu une approche marxiste : les soldats sont des gens du peuple, baignant dans le concret et le malheur, connaissant les réalités. Les officiers supérieurs qui sont des aristocrates ou des grands bourgeois les méprisent, prennent des décisions ineptes soit sans bien en mesurer les conséquences, soit sans considération pour les pertes énormes qu'elles engendrent, le plus souvent pour servir leurs propres ambitions.
Ce thème du système (parfois représenté par l'armée) qui écrase et asservit l'homme se retrouve dans plusieurs films :
- Spartacus (pouvoir romain)
- Full Metal Jacket
- Lolita (pression morale société)
- Dr Folamour
- Barry Lyndon
Pendant la Première Guerre mondiale, environ 2 500 soldats français ont été condamnés à mort par les conseils de guerre, dont un peu plus de 600 furent réellement fusillés « pour l'exemple » par l'armée pour des motifs divers (abandon de poste, mutilations volontaires, refus d'obéissance, etc.), les autres ayant vu leur peine commuée en travaux forcés.
Ce nombre de 600 ne prend pas en compte les exécutions sommaires.
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